Pour toucher ses lecteurs, un écrivain doit-il, d'après vous, ne parler que de lui-même ou, au contraire, puiser son inspiration dans le monde qui l'entoure ?

Vous développerez votre point de vue en vous référant à votre expérience de lecteur.

           

Corrigé rédigé

Commentaires

Emouvoir, d'une manière ou d'une autre, le lecteur, battre en brèche son indifférence, faire de lui-même un vis-à-vis motivé et actif, n'est-ce pas là la priorité de la majeure partie des écrivains ? Encore faut-il, pour cela, que l'homme de plume choisisse la source de son inspiration : parlera-t-il de lui-même, exclusivement ? Ou analysera-t-il le monde qui l'entoure ? Les avis divergent à ce propos, alors qu'en vérité, cette alternative n'a lieu d'être. Parler de soi, ou parler du monde, n'est-ce pas parler aussi de l'Autre ? C'est-à-dire du lecteur ?

Introduction

Objet de la discussion
  Point de vue donné



Problématique posée
L'écrivain qui fait part, dans ses écrits, des événements, petits ou grands, de sa vie personnelle, intéressera le lecteur en tant qu'être humain, en tant qu'individu doué de sensibilité.

Première Partie

Idée directrice 1
En effet, le poète, le romancier, ne sont pas des extraterrestres : appartenant à l'espèce humaine, quand ils décrivent leurs sentiments, leurs réactions propres, ils parleront également de celui qui les lit. Les joies, les peines, les espoirs et les craintes du romantique isolé dans sa "tour d'ivoire" éveilleront des échos dans les esprits et dans les coeurs. Par exemple, des parents qui ont perdu un enfant ressentent l'émotion intense née des vers de Hugo, déplorant, dans A Villequier, la mort de sa fille. Argument 1 + Explication




Exemple
De plus, en relatant son itinéraire personnel, l'écrivain peut éclairer le lecteur en l'aidant à mieux comprendre les événements de sa propre vie : il lui offre des repères, un choix d'attitudes possibles à adopter, ou à écarter. C'est ainsi qu'une autobiographie  ou un recueil de poèmes  peuvent devenir des "livres de chevet", des sources de référence au quotidien. Argument 2 + Explication


Exemple
Ainsi, en se racontant, en se décrivant, un auteur ne déplait pas. Mais il n'ennuie certes pas son lecteur s'il s'inspire du monde qui l'entoure.

Transition

S'il choisit la matière de ses livres ailleurs qu'en lui-même, l'écrivain intéresse tout autant : le lecteur ne vit pas sur une île déserte, il appartient à une collectivité. Deuxième partie
Idée directrice 2
Un romancier, un auteur dramatique qui traite, dans le cadre de son oeuvre, d'un sujet d'ordre moral, social, ou idéologique, ouvre une fenêtre sur la réalité dans laquelle vit ce lecteur. Lire, pour ce dernier, c'est se pencher sur cette réalité, c'est en percevoir des aspects plus ou moins ignorés, c'est en prendre conscience avant de pouvoir en juger au mieux. Le jeune ambitieux, à qui la comédie Humaine de Balzac fait découvrir le mécanisme de l'ascension sociale s'identifie sans peine à Rastignac. Et ce n'est pas un hasard si La Peste de Camus reste un des romans les plus lus de la planète : dans cette relation de la lutte contre le Mal, les lecteurs, toutes générations confondus, se retrouvent. Argument 1 + Explication




Exemples

Par ailleurs, il ne fait aucun doute que l'écrivain s'attache l'intérêt du lecteur en se faisant son "porte-parole" : en s'inspirant de ce qui se passe dans la société, en le rapportant dans un style imagé mais clair, il exprime la souffrance et la détresse des êtres, leur aspiration au bonheur. Le Voltaire de Candide touche et plaît, il entraîne l'adhésion.

Argument 1 + Explication

Exemples
En fin de compte, qu'il puise son inspiration dans son univers intérieur ou dans la réalité extérieure, l'écrivain peut espérer toucher le lecteur : s'il a du talent, il lui permet de réfléchir sur les aspects si divers que prend la vie.

Conclusion